Quartetti - Paysages musiciens

 

 

Venise, dans les années 1980. Pour les besoins dun concert un trio de musique de chambre est contraint de devenir temporairement un quatuor.

Le drame se déroule en moins d'une année, à Venise, durant trois répétitions puis le concert. On retrouve les trois unités, de temps, de lieu et d'action.

Au fur et à mesure de la progression des répétitions et de l’évolution des sentiments, les souvenirs de Domenico lui reviennent, images et sensations perçues durant sa jeunesse voyageuse avec son Père. Souvenirs de « Paysages musiciens », mélodies en contrepoint de la musique lumineuse de Locatelli.

 

Sortilège de Venise, sortilège des émotions, mystère du destin …

 

 


Extraits de " Quartetti - Paysages musiciens "

 

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« Puis la lune, forte et froide, sans brillance mais d’un blanc si dur qu’elle éblouissait mes yeux et posait sur toute chose un contour d’ombres tranchées par la lame affûtée de sa clarté, éclats de silex laiteux, laves d’obsidienne.»

 

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 « Ainsi ton Alto ambré chante et danse dans la lumière de l’automne à Venise, brille autour de ton corps serein d’un éclat doux, semblable à ces œuvres lisses et si mystérieuses de Vermeer.»

 

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« Autant la houle ample de la pleine mer procure une sensation de distance, d'ondulation depuis l'horizon et de profondeur, amplitude donnée par les fonds abyssaux, autant le flux et le reflux des grandes vagues du large m'enveloppent de l'infini tissage du temps, mouvement répété depuis les origines, immuable et changeant, jusqu'à la fin des temps, métronome de la terre, sablier de l'univers. »

 

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« Subitement la nuit est là. Subitement les étoiles. Subitement aussi je me trouve là, avec la violence assourdie de mon amour en basse continue. Je retiens mon souffle. Je suis ailleurs. Personne en respire. »

 

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« Il rêvait, Thomas , loin de cette maison dérisoire trop proche de la ville, altier, silencieux, roide dans sa couverture rouge, debout, appuyé à sa longue lance, ses bâtons de jet dans l'autre main, prêt à défendre le troupeau dans ces instants froids qui précèdent le jour où rôde la mort qui surprend hommes et animaux assoupis. »