Fortuit

 

L’auteur, paradoxalement, prend appui sur le titre de l’oeuvre célèbre de Mallarmé : "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard". Il s'agit de cinq rencontres et d'une non-rencontre. Ces rencontres duelles sont majeures pour les deux protagonistes. Entre un grand-père et son petit-fils, entre deux amis d’âge différent, entre un homme et une femme raconté une fois par l’homme et une autre fois par la femme et enfin par le narrateur.

Malgré les différences de situation, de caractère, d'âge, il semblerait qu'une trame sous-jacente préside aux coïncidences. Que certains nommeront destin. 

Les rencontres de la vie sont-elles jamais fortuites ? Et qu’en est-il de celles qui auraient pu avoir lieu ?

 

Extraits et citations de "Fortuit"

Elle ouvrit la porte du taxi devant le Lutétia. Au même instant il ouvrit l'autre porte. Ils s'assirent en même temps, les deux portières claquèrent d'un seul mouvement. Aucun ne rit ni ne sourit. Ils se regardaient, étonnements mêlés, muets. Le feu était toujours au rouge. Le chauffeur pensait sûrement qu'ils étaient ensemble. 

 

 *  *  *

 

Il est là, calme et présent, la main dans la mienne, sa petite main tenant fermement ma grande main, regardant avec moi le jardin, si intensément que la vitre a disparu, le salon s'est volatilisé, il m'a entrainé dehors, nous sommes ensemble au milieu de la pelouse du jardin dans le soleil blanc d'entre les averses. Malgré mon émotion je ne tremble pas parce qu'il ne tremble pas, aucune larme ne me vient, il ne pleure pas. 

 

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 Il la trouva silencieuse absolument, pelotonnée, nue sous son édredon de grand-mère, qui pleurait de façon lisse, comme une eau étale, sans aucun bruit ni soubresaut.