Le ruisseau

                                   

Je suis allé vers le ruisseau en contrebas.

Il faisait déjà chaud, les herbes et les ronces

Avaient proliféré dans le joyeux désordre

De la vie, entremêlées, exhubérantes !

 

 

Je rêvais, attentif à ne pas déranger

Ce foisonnement, ni bruit, ni mouvement,

Immobile, les sens déployés. L’eau ruisselait

Sur le rocher, coulait entre les troncs moussus

 

 

À demi-immergés, paisible, Trous profonds

Comme des grottes, vasques sombres où luisait parfois

Un éclair de soleil traversant les feuillages.

Le sous-bois de ton visage … Sourire esquissé,

 

 

La douceur douloureuse de ton regard fixé

À l’origine, point infini au-delà,

Posé là où s’achève tout commencement

Et tout devenir, eau aigue-marine de tes yeux …